Patrick Timsit: «Le Livre de ma mère s’inspire de la vie de chacun»

Patrick Timsit sera sur la scène du Hall de Paris dimanche 1er avril, à 16 heures. Il livre son interprétation du «Livre de ma mère», d’Albert Cohen, dans une mise scène de Dominique Pitoiset.

Il nous a fait rire au cinéma ou au théâtre avec son one-man show. C’est dans un rôle plus intimiste que Patrick Timsit se dévoile depuis septembre avec son interprétation du «Livre de ma mère», d’Albert Cohen. Dans son parcours à travers la France, il fera une halte au Hall de Paris à Moissac le 1er avril. Avant sa venue, il s’est livré au jeu des questions-réponses.

Comment avez-vous abordé «Le Livre de ma mère» d’Albert Cohen, sur scène ?

Par l’envie. On l’aborde par l’envie. Quand j’ai lu ce livre il y a plus de 30 ans, je me suis dit : «J’ai

rendez-vous avec ce livre sur scène et j’espère un jour avoir l’occasion de me frotter à un texte comme celui-là. Et quand on aime un texte, on a envie de lui rendre service, donc de se sentir à la hauteur. Ça veut dire l’adapter, mettre l’œuvre dans un style direct, dans l’émotion pure, de ne pas jouer Albert Cohen mais être ce fils qui parle de sa mère, des rapports qu’il a eus avec elle, de ses regrets. C’est un livre universel, en fait. Ça s’adresse aux mères de tous les pays, de toute la Terre. Et c’est une louange aux mères. C’est comme ça qu’on a voulu l’aborder avec Dominique Pitoiset (le metteur en scène. NDLR).

Qu’est ce qui vous a le plus inspiré dans votre propre vie pour jouer ce rôle ?

Il y a tout, c’est une identification totale. Lui, il arrive de Corfou pour s’installer à Marseille. Moi je suis né en Algérie j’arrive à Paris… Mais j’aurais très bien pu m’arrêter à Marseille parce que mon père adorait cette ville. Il y a ce regard en tant qu’immigré sur cette difficulté qu’on a, cette timidité, cette gêne qu’on ressent à vouloir s’intégrer, à vouloir faire partie de ce pays dans lequel vous débarquez. Et puis, il y a les questions existentielles «Dieu ? pas Dieu, si Dieu pourquoi il m’arrache ma mère, pourquoi la mort, à quoi sert la vie ?» Toutes ces questions que tout le monde se pose finalement. Albert Cohen a un point de vue qui est vraiment exceptionnel. C’est un livre incontournable qui s’inspire de la vie de chacun au final.

Vous êtes habitué aux grandes scènes parisiennes, jouer à Moissac dans le Tarn-et- Garonne, est-ce différent ?

Bien sûr que c’est différent, c’est un plaisir, c’est ce que j’aime. J’aime à prendre la voiture, le train, l’avion, j’aime me déplacer, voir de nouvelles scènes, avoir de nouvelles sensations. Un même spectacle dans une ville différente dans un théâtre différent, la sensation est transformée, elle est unique à chaque fois. La perception sera forcément différente, selon la taille de la salle, s’il y a plus ou moins d’intimité, de chuchotements… C’est formidable, c’est ce qui fait que c’est un spectacle vivant.

Connaissiez-vous Moissac ?

Pas du tout. Je suis certainement passé, dans le département mais c’est très compliqué quand on reste peu de temps dans un lieu. C’est aussi l’occasion de découvrir et c’est génial. C’est là la chance d’avoir un spectacle qui fonctionne. Vous pouvez ainsi découvrir de nouveaux lieux, rencontrer le public.

Vous faites du théâtre, du one-man show, du cinéma… Dans quel domaine préférez-vous vous exprimer ?

J’aime jouer là où je me retrouve, là où je me situe. J’ai la chance de pouvoir faire plein de choses, ça laisse la possibilité de choisir. Quand vous avez fait du théâtre et que vous avez la possibilité d’en faire, vous le faites ; et quand vous voulez repartir faire du cinéma vous y allez, ensuite vous profitez de retrouver un public sur scène… Le plaisir est dans la chance de pouvoir faire et choisir ce qui est en adéquation avec ce qu’on est, ce qu’on veut. C’est là où je me trouve ici et maintenant par exemple.

Dimanche 1er avril, à 16 heures, au Hall de Paris. Tarifs : PT28€ – TR26€ – TA24€; moins de 12 ans 15 €. Infos sur www.moissac-culture.fr ou au 05 63 05 00 52.